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BANGLADESH : ILS FABRIQUAIENT NOS JEANS !

  • PAROISSE DE MARTIGUES

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La rubrique économique peut, parfois, donner le sentiment d’un franchissement de ligne rouge. L’illustration la plus tragique, monstrueuse, est celle de cet atelier de confection de Dacca, au Bangladesh, où plus de mille cent personnes ont payé de leur vie l’effondrement de l’immeuble où trois mille d’entre elles, entassées, jeunes, avaient l’insigne honneur de préparer pour nous, pour des salaires de misère, des tee-shirts, des chemises, des pantalons, des jupes, des vestes…

 

Là aussi, on rechercha des coupables, et l’on en trouva. Sur place. Les propriétaires de l’immeuble. Les dirigeants des usines. Mais nulle part ailleurs. Car il aurait fallu inculper l’ensemble du système baptisé du nom de « mondialisation ». Il aurait fallu démonter les mécanismes qui font que les grandes sociétés, occidentales notamment, dont les boutiques regorgent de ces productions, se fournissent depuis des lustres dans ces usines où la servitude économique confine à l’esclavage. Il aurait fallu interroger leurs actionnaires en leur demandant si, la nuit, ils dormaient bien en songeant qu’à la même heure, en bas de la terre, des femmes, des jeunes, quasiment des enfants, taillaient, cousaient, piquaient les vêtements qui leur permettraient, à eux, les « heureux propriétaires », de se couvrir d’or.

 

Et à nous tous demander si nous serions prêts à payer au juste prix du labeur humain les vêtements que nous portons chaque jour sans vergogne. Ces jours-ci, au Bangladesh, la rubrique « fringues » elle aussi est passée à la rubrique faits divers. Avec le bagage de notre conscience, bonne ou mauvaise.

 

Bruno Frappat

 

La Croix

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